Christophe Sermet au Rideau de Bruxelles

Antilopes

Henning Mankell

Dernier soir en Afrique, corps et âmes blancs rongés jusqu’à l’os par le Continent noir. Au cœur des ténèbres moites et menaçantes, Monsieur et Madame soldent leur compte. Ils ressassent cette Afrique qu’ils avaient rêvée différente. S’apprêtent à accueillir le successeur, prochain sacrifice de l’Occident et de sa mauvaise conscience.

« We are the world »

Bien que l'ombre de Stanley et Léopold se laisse deviner dans Antilopes, nous sommes déjà loin du temps des colonies. Alors les rapports étaient clairement définis. Ici, c'est le retour de l'Occident aux prises avec sa mauvaise conscience. Le temps des coopérants prêts à en découdre avec la misère du monde, d'avantage en quête d'eux-mêmes que d'un monde meilleur. Ils se croisent dans la moiteur d' aéroports africains, au gré de missions qui sont autant de combats perdus d'avance. Des égarés dont l'humanisme est rudement mis à l'épreuve par un continent sauvagement incompréhensible qui ne tarde pas à ne plus coller avec leurs rêves de départ. L'Afrique, à la fois terre promise de fantasmes et d'aventures en technicolor, mais également tombeau de l'homme blanc. L 'histoire d'une Afrique qui reprend ses droits et qui s'émancipe. (...)

Christophe Sermet, janvier 2011