Rideau de Bruxelles RRRR Festival (2013)

Seuls avec l'hiver

Céline Delbecq

Carl-Hadrien est en fin de vie.
Sonia, sa femme, est à son chevet.
Elle fait un puzzle. Les pièces se perdent…
Sont présentes aussi: Priscilla, Lucie et Germaine.
Dehors, des milliers d'étourneaux qui se regroupent. Pour les laisser
Seuls, avec l'hiver.

La pièce s’est d’abord appelée Pixie. Une grande histoire de famille avec l’ombre du père mort et les femmes qui règlent des comptes. Il y avait matière à plusieurs récits. Puis le mort est revenu, s’est accroché au lit et la mort s’est imposée avec la noire jubilation de l’humour delbecqien.

Très tôt nous avons parlé de danse macabre. D’une manière de traiter la mort sans chichis; avec cruauté, humour et musique. Le combat physique d’une femme qui refuse de laisser partir son homme vers l’autre rive et qui s’agrippe à la barque. La pièce de théâtre sert à lui faire lâcher prise. Les passeuses attendent avec les oiseaux, elles tuent le temps et tentent de séparer les morts des vivants. Mais la division est plus prononcée entre les deux sexes: un homme horizontal, quatre femmes verticales. Pour les mortes : juste quelques regrets... et pas mal de soulagement.

Pour la vivante, une expérience initiatique tardive, un rêve hyperlucide en accéléré.